Depuis plusieurs années, la question de la protection sociale des professionnels de santé libéraux est au cœur des préoccupations. En 2026, malgré les évolutions réglementaires, des zones de fragilité importantes subsistent, notamment en cas d’arrêt de travail.
1. Une réforme majeure… mais qui nécessite des explications
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, les professionnels libéraux affiliés à l’Assurance Maladie peuvent bénéficier d’indemnités journalières (IJ) en cas d’arrêt de travail.
Les principales règles toujours en vigueur en 2026 :
• versement des IJ à partir du 4ᵉ jour d’arrêt (délai de carence de 3 jours),
• calcul basé sur la moyenne des revenus des 3 dernières années civiles,
• indemnisation représentant environ 50 % du revenu,
• montant plafonné à 3 PASS,
• indemnisation limitée du 4ᵉ au 90ᵉ jour d’arrêt.
Cette réforme a permis une meilleure couverture des arrêts de courte et moyenne durée, mais elle ne garantit pas un maintien de revenu suffisant pour de nombreux professionnels de santé.
2. Que se passe t-il après le 90ᵉ jour d’arrêt ?
Au-delà du 90ᵉ jour, l’Assurance Maladie ne verse plus d’indemnités journalières. Le relais dépend alors de la caisse de régime obligatoire.
Pour les auxiliaires médicaux relevant de la CARPIMKO (infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, etc.), une indemnisation forfaitaire de 55.44 eur ( 2025) est prévue du 91ᵉ au 1095ᵉ jour, mais :
• son montant est fixe,
• il n’est pas proportionnel aux revenus,
• il est souvent insuffisant pour couvrir les charges professionnelles et personnelles.
Cette réalité crée un écart significatif entre les revenus habituels et les indemnités perçues, notamment pour les professionnels installés depuis plusieurs années.
Pour certaines professions, c’est encore plus compliqué. Comme les pharmaciens rien n’est pris en charge par la CAVP en cas d’arrêt de travail après 90 jours ! ni même de rente en cas d’invalidité partielle.
3. Une réalité financière souvent sous-estimée
En pratique, de nombreux professionnels de santé découvrent que :
• leurs charges continuent à courir (loyer, matériel, crédits, charges personnelles),
• le régime obligatoire ne compense qu’une partie de la perte de revenus,
• les dispositifs existants sont parfois mal compris ou mal expliqués.
En 2026, la question n’est donc plus “ai-je droit à des indemnités ?” mais bien “mon niveau d’indemnisation est-il compatible avec mes besoins réels ?”
4. L’enjeu d’un accompagnement personnalisé
Chaque situation est différente : niveau de revenus, structure de charges, situation familiale, horizon de carrière.
Une analyse globale de la protection sociale permet souvent de :
• mettre en évidence des manques critiques,
• éviter des doublons inutiles,
• sécuriser le revenu en cas d’aléa de santé pour assurer son avenir et celui de sa famille

